CRMA - Amicale de l'UTA

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CRMA


Histoire de la CRMA
Par  Dimitri Jasmain
      
  
La société de Construction et de Réparation de Matériel Aéronautique (CRMA) est fondée le 31 juillet 1957, sous forme d’une SARL, par Jean Richard et Hubert de Chaudenay, pour reprendre les activités aéronautiques de la société des moteurs Emile SALMSON située à Billancourt. Son siège social est fixé dans le 8ème arrondissement de Paris au 71 rue Monceau (adresse de la maison mère des établissements Dervaux).
En janvier 1958, elle reprend également les activités de la Société des Aéroplanes Gabriel Voisin, filiale de la SNECMA. Son lieu d’activité se déplace alors à Issy-les-Moulineaux, berceau de l’aviation mondiale, au 6 rue Marceau dans les anciens locaux industriels de cette société.  
CRMA emploie environ 400 personnes. Son principal client, l’Etat, assure 90% de son chiffre d’affaires dans deux activités de base :
• Réparation des moteurs à pistons et leurs accessoires
• Fabrication de pièces de rechange pour moteurs à pistons  
En 1968, à l’initiative de la Direction Technique des Constructions Aéronautiques (DTCA), CRMA participe, avec REVIMA/UTA, à la constitution du Groupement pour l’Entretien et la Maintenance des Propulseurs et Equipements (GEMPE). L’objectif de ce Groupement d’Intérêt Economique (GIE) est d’améliorer l’action commerciale en France et à l’étranger, et d’assurer entre les deux sociétés participantes une répartition des activités susceptibles d’aboutir à une meilleure compétitivité.
Les activités traditionnelles de CRMA s’ouvrent alors au Maroc (PW 985 et 1830), à la Belgique (PW 2800, Wright 1820), au Zaïre (PW 1830, 2000 et 2800), et à Air France et ses compagnies associées.
Trois nouvelles activités sont identifiées pour prendre le relais des moteurs à pistons :
• Fabrication de groupes électrogènes :
En 1965, la société Potez cesse ses activités « moteur ». A la demande de la DTCA, CRMA  assure la continuité de ces activités parmi lesquelles la fabrication et la maintenance d’un groupe électrogène de servitude pour les chars. CRMA est retenue en 1969 et livrera un peu plus d’une centaine de groupes électrogènes (10 par mois) pour le compte de l’arsenal de Roanne.
• Activité liée aux équipements d’avions :
CRMA développe un atelier de réparation d’équipements qui traite des roues, freins, équipements hydrauliques (pompes, moteurs, clapets, servovalves, accumulateurs, vérins, …) et équipements électriques, électromagnétiques, électropneumatiques et électrohydrauliques. Cette activité se développera particulièrement avec le rapprochement d’UTA.
Les clients sont nombreux : Air Inter, SASMAT, TAT, Rousseau Aviation, Euralair et l’Etat (AIA de Clermont).

• Activité liée aux réacteurs :
En 1975, CRMA tente de percer sur le secteur de la fabrication des pièces de réacteurs. Cela débouche timidement par des commandes pour le compte de General Electric. Ce marché est en effet occupé par les sociétés qui travaillaient préalablement sur la fabrication des rechanges des moteurs à pistons.
Pour ce qui est de la réparation, CRMA traite des éléments de réacteur pour SNECMA Billancourt et pour SNECMA.
Jusqu'en 1973, CRMA enregistre une forte progression de son chiffre d'affaires avant le ralentissement dû à la crise économique (le chiffre d’affaires passe de 43 MF en 1972 à 35.5 MF en 1974). Par ailleurs, la baisse du niveau d’activités des moteurs à pistons et de la fabrication de pièces neuves place CRMA dans une position très délicate.

Compte tenu des pertes et des difficultés financières, CRMA intègre le GIE d’UTA Industries le 12 juillet 1978. Ce groupement n’a pas de capital et fonctionne selon un mode corporatif. Il se compose de : • UTA : 60%,              • REVIMA : 20 %  • CRMA : 10%  • Chargeurs Réunis : 10%
CRMA est alors filiale de REVIMA (80% REVIMA / 20% Usines Marceau), le GIE constitué précédemment avec REVIMA étant liquidé.

CRMA se positionne alors sur le marché aéronautique civil de la fabrication et de la maintenance :
• L’entretien et la réparation de moteurs et réacteurs, notamment les inverseurs de poussées
• La fabrication et la vente de pièces mécaniques aéronautiques.
En 1979, CRMA devient la première société française à se doter d’une  technologie de pointe innovante : une installation de projection thermique (METCO 7M haute énergie, 80 kW). Ce nouveau procédé permet notamment le traitement de pièces d’APU pour REVIMA.  
En septembre 1981, CRMA devient filiale d’UTA, suite à la revente par REVIMA des parts de CRMA.
Dans les années 80, les moteurs n’ont pas encore atteint le haut degré de perfectionnement que nous connaissons aujourd’hui. Néanmoins, graduellement, les moteurs à pistons cèdent le pas aux turboréacteurs de première, puis de deuxième génération. Les méthodes, les process et les       Plasma                                          moteurs évoluent considérablement.
Les difficultés s’accentuent pour CRMA : baisse du nombre d’heures de production malgré les charges supplémentaires importantes transférées par UTA. Il est envisagé un plan de licenciement collectif concernant 90 postes ! La procédure est lancée le 1er septembre 1982. Afin d’en atténuer l’impact, plusieurs mesures d’accompagnement sont mises en œuvre :
• Formation pour requalification de personnels
• Plan de garantie de ressources
• Convention FNE (Fonds National pour l’Emploi) pour les salariés de 55 ans et plus.
Au final, une dizaine de personnes seront licenciées faute de reclassement possible.
Parallèlement, CRMA accompagne l’évolution du marché en opérant un changement de stratégie axé sur deux objectifs principaux :
• Développer la société dans des créneaux choisis en fonction de leur rentabilité
• Se consacrer exclusivement à la réparation et la maintenance de matériel aéronautique en abandonnant la fabrication des pièces neuves.
A partir de 1987, profitant d’un environnement favorable et confortée par la réussite de son redressement, CRMA cherche à diversifier les produits réparés et à élargir sa clientèle hors du groupe UTA.

Grâce à sa renommée croissante, CRMA conquiert de nouveaux marchés dans les domaines civil et militaire et prépare l’étape suivante de son histoire.   
En juin 1985, la Société Civile Marceau, propriétaire du site sur lequel est implantée CRMA, fait part de son intention de ne pas renouveler les baux de location qui courent jusqu’en 1987. Il est donc décidé la construction d’une nouvelle usine.
En 1986, diverses pistes d’implantation sont étudiées : Vanves, Bagneux, Arcueil, Ivry, …
Au début de 1990, un projet est étudié avec l’impératif d’obtenir très rapidement les autorisations administratives nécessaires : l’implantation dans une ville nouvelle s’impose. Le critère de proximité par rapport à Issy-les-Moulineaux est également prépondérant : l’impérieuse nécessité de conserver le maximum de personnel est fondamentale compte tenu des niveaux de technicité et de spécificité des métiers mis en œuvre. Seule la zone de Saint-Quentin-en-Yvelines semble pouvoir réunir tous ces critères. Un terrain de 62500 m² situé à Elancourt est identifié. Cette solution présente l’avantage d’offrir une possibilité d’extension future pour CRMA.  Ce projet est estimé à 110 MF
(coût net : 89 MF).
Le permis de construire est déposé en juillet 1990. CRMA bâtit une usine de 15 700 m². Ce nouveau bâtiment regroupe toutes les activités de l’entreprise. Il se compose de :
• Un bâtiment de 3000 m² sur deux niveaux accueillant bureaux, comité et restaurant d’entreprise.
• Une halle industrielle rassemblant l’ensemble des procédés nécessaires à la réalisation des activités de réparation. Elle est conçue de façon à optimiser l’utilisation de l’espace (raccourcissement des acheminements délicats, rationalisation de l’emplacement des activités les unes par rapport aux autres).
Le cadre de vie de CRMA s’en trouve radicalement changé.
Malgré un peu de retard dans la livraison du bâtiment (mi-mai 1992), le transfert commence à partir du 4 mai 1992 et dure près de 3 mois. L’inauguration a lieu le 9 juillet 1992. Sur les 272 salariés, seule une quarantaine n’a pas souhaité suivre l’entreprise dans son transfert.

Au 1er janvier 1993, Air France fusionne avec UTA et CRMA devient la filiale directe d’Air France et le centre de réparation des systèmes de freinage de la flotte. CRMA entreprend alors également la réparation de pièces de moteurs CF6-50.
L’implantation sur le nouveau site permet à CRMA de rationaliser son schéma industriel tout en améliorant les conditions de travail. CRMA est prête à affronter le marché très concurrentiel de la maintenance aéronautique.
Ses moyens industriels performants vont lui permettre de bâtir son développement selon 3 axes :
• La réparation de modules moteurs,
• La régénération de pièces moteurs,
• La révision d’équipements.        
En 1994, Air France Industries et CRMA forment un projet industriel ambitieux : faire de CRMA le spécialiste de la réparation des carters et modules des moteurs.

La complexité des moteurs s’accroît fortement d’année en année. Toujours plus performants, plus puissants et plus fiables, les moteurs réclament pour leur maintenance des moyens plus importants. Les process plus complexes demandent de nouvelles compétences.
En 1998, CRMA intègre la stratégie industrielle d’Air France et devient pôle d’excellence pour la réparation de modules et de pièces de moteurs General Electric et CFMI.
CRMA amorce son extension en construisant un atelier de traitement thermique destiné à recevoir deux fours sous vide.


En 2004, devant la baisse d’activité, CRMA élargit son portefeuille aux pièces neuves, notamment grâce à la projection thermique : M88, M53, CFM56, ...
En 2005, CRMA participe à la fin de vie du moteur CF6-50, en démantelant à Elancourt plusieurs moteurs. La même année, CRMA répare les premières pièces des moteurs GE90, montrant ainsi sa capacité à suivre les évolutions du marché MRO. L’année suivante elle prépare la réparation de modules du moteur GP7200 équipant l’Airbus A380.  

En 2009, le contrat signé avec GE AES permet à CRMA de devenir « Primary Source » sur les chambres de combustion et les modules TCF (Turbine Center Frame) du moteur GP7200. CRMA devient à ce titre unique prestataire mondial sur ce type de réparation.
Afin d’accroître sa visibilité internationale, l’entreprise change son image (et son logo) en 2011 pour s’identifier à une marque. Le sigle C.R.M.A. (Construction et Réparation de Matériel Aéronautique) se transforme est devient CRMA Aero repair.
Toujours tournée vers l’avenir, CRMA se positionne sur le GEnX. En 2016, elle se qualifie sur les chambres de combustion GEnX.










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